Just Baby Steps Boss - Trilogie complète
ELLE N’A PLUS RIEN.
IL POSSÈDE TOUT.
MAIS ELLE VA LUI OFFRIR
CE QU’IL N’A JAMAIS OSÉ ESPÉRER.
"JUST BABY STEPS BOSS" Trilogie complète
1.
Daphné
Si on m’avait annoncé que je vivrais aujourd’hui la deuxième journée la plus traumatisante de ma vie, je ne l’aurais pas cru. Elle avait pourtant si bien commencé…
●●●
Partir au Mexique avec Michael : check !
Emménager bientôt chez lui : check !
Travailler bientôt dans son entreprise : check !
Toutes les planètes sont alignées.
Même la météo s’est mise au diapason. Le ciel d’un bleu intense offre un cadre grandiose au soleil. Jamais je n’ai été aussi heureuse. Jamais je ne me suis sentie aussi libre.
Au loin, un clocher sonne 14 heures. Je sursaute. Le temps presse. Je procède à une ultime vérification : nos valises sont dans le coffre de la voiture, le sac de pique-nique à l’avant, avec le GPS et une bouteille d’eau. Nous sommes parés pour nos premières vacances ensemble. Après ce qui s’est passé ces deux dernières semaines, j’attendais ce départ avec impatience.
Seule ombre au tableau : l’humeur morose de Michael. Depuis trois jours, il ne décroche pas un mot. J’ai tenté de lui tirer les vers du nez, mais il s’est contenté d’un « ça va » peu convaincant. À force de questions, il a fini par lâcher que son supérieur lui mettait une pression terrible. Il ne m’en avait pas parlé pour m’épargner. C’est tout à son honneur.
De mon côté, je n’ai plus ce genre de problème. Il y a dix jours, la concession de voitures de luxe dans laquelle je travaillais comme assistante administrative a mis la clé sous la porte. Du jour au lendemain, je me suis retrouvée au chômage. Michael a été formidable. Il s’est démené pour que sa DRH me reçoive en entretien, et bingo : à notre retour, elle m’enverra le contrat. Dès que je l’aurai signé, lui et moi serons collègues.
Ah, le voilà enfin !
Mon soulagement fond aussitôt quand je le vois s’installer côté conducteur. Ce n’est pas exactement un as du volant. Je tremble à chaque fois qu’il double sans visibilité ou slalome entre les files.
Mais lui proposer d’échanger nos places le vexerait – orgueil de mâle oblige. Je n’ai pas envie de plomber le début des vacances. Alors je me montre conciliante. Avec un peu de chance, il se détendra, oubliera ses soucis, et nous éviterons l’accident.
Après les embouteillages habituels au centre-ville, la circulation se fluidifie dans les faubourgs de Houston. J’observe le paysage qui défile par la vitre : pavillons parfaitement alignés, enfants qui jouent sur la pelouse, joggeurs en goguette… Des scènes paisibles qui me donnent le sourire.
Michael ne desserre pas les dents. Il est pâle. Peut-être qu’en plus de ses journées stressantes au bureau, il n’a pas digéré le repas d’hier soir. Les crevettes avaient une odeur bizarre. Je ne les ai pas mangées. Lui, si. « On ne va pas les gâcher, a-t-il bougonné, elles m’ont coûté une fortune ». En riant, j’ai promis de le rembourser. Même si j’ignore comment. Mon compte en banque affiche un découvert abyssal. Mais je ne regrette pas d’avoir dépensé mes économies pour offrir des vacances à mon chéri. Il les mérite.
Les maisons s’espacent et, bientôt, nous roulons sur un ruban gris foncé, bordé de champs à perte de vue. Je m’enfonce dans mon siège, bercée par le mouvement de la voiture, plus sereine maintenant que nous avons quitté la ville et sa circulation dange-reuse. Je pense à l’avenir. À la vie que Michael et moi allons partager en rentrant. Un véritable engagement. J’en suis à la fois excitée et inquiète.
Toutes mes relations précédentes ont viré au désastre. Jason s’est évaporé après notre première nuit. Rob a tenu plus longtemps avant de me quitter pour un homme. Et Léo ? Il voulait m’épouser au bout de trois semaines. J’ai été flattée, jusqu’à ce que je comprenne qu’il convoitait surtout un visa. À force, j’en ai déduit que j’étais un aimant à losers. Pas génial pour l’estime de soi.
Chatte échaudée craignant l’eau froide, je me suis méfiée de Michael. Mais peu à peu, il a su gagner ma confiance. Et maintenant, nous formons une vraie équipe.
Il pousse un long soupir.
— Tu es fatigué ?
— Oui, je vais m’arrêter bientôt.
Il me répond, c’est bon signe. Je lui caresse la joue. Son sourire me réchauffe le cœur.
Dix minutes plus tard, nous quittons l’autoroute pour une aire de services blottie entre les pins. Un bâtiment en briques rouges aligne ses vitrines sous le soleil : boutique, supérette, fast-food. Quelques voyageurs font le plein, d’autres se détendent ou promènent leur chien.
Michael se gare près d’un carré de pelouse. Il se frotte le visage, visiblement épuisé.
— Je vais chercher un café, lâche-t-il en descendant.
Tandis qu’il s’éloigne d’un pas lourd, je sors à mon tour. Une bouffée d’air chaud me saisit, chargée de relents d’essence et de friture. Charmant accueil.
Malgré tout, j’inspire profondément et m’étire en laissant mon regard vagabonder sur le parking.
Un monospace poussiéreux, vitres entrouvertes, vibre sous les cris de gamins qui se disputent. À côté, un pick-up hors d’âge sommeille à l’ombre d’un arbre rachitique. Plus loin, une berline grise, aussi banale que discrète, semble vouloir se fondre dans le décor.
Soudain, un ronronnement feutré attire mon attention : une Porsche Panamera noire à la carrosserie étincelante s’approche. Même à faible allure, elle impose le respect. Un moteur V8 biturbo, probablement. 393 chevaux, 272 km/h en vitesse de pointe… Un bijou qui me laisse rêveuse.
Le conducteur qui en descend, un homme d’une cinquantaine d’années au regard fuyant, est vêtu comme un chauffeur de maître. Mon intuition se confirme quand il ouvre la portière arrière d’un air obséquieux.
Son patron apparaît, l’arrogance incarnée : lunettes noires, costume sur mesure et portable à l’oreille. Mister Big Boss doit être en train de liquider une société ou de transférer ses avoirs dans un paradis fiscal. Un cliché ambulant !
Je l’observe, amusée, jusqu’à ce que j’aperçoive Michael, le visage blême. Mon sourire s’efface.
— Tu es malade ?
— Non, ce n’est pas ça, dit-il en remontant dans la voiture.
Alors quoi ? Un licenciement ? Une dette de jeu ? Une convocation au tribunal ? En m’asseyant à côté de lui, je remarque ses mains crispées sur le volant. Mon cœur s’emballe.
— Qu’y a-t-il ? dis-je d’une voix blanche.
— Daphné, je… J’ai…
Il s’interrompt. S’il ne trouve pas les mots, c’est que c’est grave. Très grave.
— Parle-moi, Michael, je t’en supplie !
Il inspire, puis murmure :
— J’aime une autre femme.
2.
Daphné
Hein ? Quoi ? Je ne comprends pas.
Mes neurones s’emballent. Se mettent à tourner à toute vitesse dans mon cerveau.
Un vertige me saisit. Je me concentre sur un point : la danseuse hawaïenne sur le tableau de bord. Couronne de fleurs, jupe en raphia, sourire figé, elle ondule doucement au rythme de la voiture. Insouciante. Comme si de rien n’était.
— Tu as entendu ? J’aime une autre femme.
Je sursaute. Une « otrefam » ? C’est quoi, comme problème de santé, ça ? Un virus ? Une nouvelle souche de Covid ? Une maladie cardiaque, neurologique ? Elle est contagieuse ? Il y a un vaccin ?
— Elle s’appelle Alexandra. Nous travaillons dans le même service.
Ses mots se fraient un chemin à travers le chaos de mes pensées. Puis, la vérité s’impose. Et me frappe de plein fouet.
— Vous… Vous couchez ensemble ? bredouillé-je.
— Nous sommes tombés amoureux. Je ne voulais pas, mais c’est arrivé.
Mon ventre se tord. Une vague de nausée me submerge. J’ouvre la portière en catastrophe et m’élance vers le bâtiment. Enfin… j’essaie. La chaleur m’oppresse et mes jambes flageolent. J’avance en vacillant, chaque pas est un effort.
À l’entrée, je bouscule quelqu’un sur le côté : le type à la Porsche Panamera.
— Désolée ! lancé-je sans m’arrêter, happée par l’urgence.
Par chance, les sanitaires sont déserts. L’odeur âcre du détergent me pique le nez. Mon malaise empire. Je m’enferme dans une cabine et vomis tout ce que j’ai dans l’estomac et sur le cœur. Mais ça ne suffit pas. La réalité demeure : Michael ne m’aime plus.
Tremblante, la gorge en feu, je titube jusqu’au lavabo et me rince la bouche. Le miroir me renvoie une image pitoyable, accentuée par la lumière crue des néons : teint verdâtre, yeux rou-ges, cheveux en berne. Eux qui, d’ordinaire, font ma fierté, se sont effondrés avec moi.
Peu à peu, je finis par me calmer. La voix de la raison me susurre que Michael et moi allons réussir à surmonter cette épreuve. Après tout, il n’a pas dit qu’il avait couché avec elle. Ni avoué qu’il ne m’aimait plus. Nous sommes ensemble depuis un an et heureux. Il n’aurait pas pu tirer un trait là-dessus. Il s’agit sûrement d’une erreur.
Réconfortée, je me tapote les joues et redonne du volume à mes cheveux. « Tout va bien se passer, les gars ! », leur dis-je d’un ton faussement enjoué. Après avoir retrouvé un semblant de figure humaine, je sors.
Un car a dû arriver, la boutique est pleine à craquer. Je slalome entre les clients, mais reste coincée près des caisses à cause d’un attroupement. Au centre, un couple se dispute. Les longs trajets, ça exacerbe les tensions, c’est bien connu. En jouant des coudes, je parviens à me frayer un passage jusqu’à la sortie.
À cet instant, un enfant surgit devant moi en courant. Je l’évite de justesse, me décale… et percute quelqu’un de plein fouet. Je me retourne. Mister Big Boss, à nouveau. Oh nooon !
Une lueur espiègle traverse son regard.
— Je vais finir par croire que vous m’en voulez, lance-t-il, un sourire en coin.
Rouge écarlate, je secoue la tête.
— Pas du tout, je vous assure. Mes sincères excuses !
Je recule, pressée de fuir ce moment de gêne, mais mon pied atterrit sur une dalle bancale. Je perds l’équilibre.
Un cri m’échappe.
À la dernière seconde, Mister Big Boss me rattrape. Une fois certain que je tiens sur mes jambes, il me lâche et demande :
— Vous êtes sûre que ça va ?
— Oui, oui. Merci. Et bonne soirée ! ajouté-je d’une voix trop aiguë avant de battre en retraite.
J’inspire profondément. Cet incident ne doit pas me perturber. Une conversation importante m’attend. Il faut que j’aie l’esprit clair. Je ne veux pas que Michael me prenne pour une fille désespérée.
Hélas, stress oblige, les idées me fuient. Je marche à peine droit, alors réfléchir…
Tiens, la voiture n’est plus là. J’ai dû me tromper d’endroit.
Pourtant, je reconnais bien le coin de verdure, les jeux pour enfants. Où est passé Michael ?
Il est sans doute allé chercher de l’essence. Je traverse le parking en direction des pompes. Aucune trace de la Ford Escape.
Décontenancée, je continue jusqu’au garage. Dans l’atelier, une BMW, capot ouvert, repose sur le pont élévateur, délaissée en pleine intervention. Pas âme qui vive autour d’elle. Une angoisse sourde m’envahit.
Je contourne le bâtiment. Dans un renfoncement, j’aperçois deux silhouettes. En m’approchant, je reconnais le chauffeur de Mister Big Boss, en grande conversation avec un mécanicien. Ils ont l’air de s’entendre comme larrons en foire. Mais à part eux, il n’y a personne.
Mon inquiétude monte d’un cran. Je rebrousse chemin et me dirige vers la boutique. Je parcours les rayons en appelant Michael à voix haute.
Des clients se retournent, me dévisagent.
— Je cherche mon ami, dis-je, gênée.
Quelques-uns haussent les épaules, indifférents. D’autres échangent des sourires narquois.
Je regarde dans le fast-food. En vain.
Par acquit de conscience, je vérifie même les toilettes pour hommes, ce qui me vaut des grognements outrés et une proposition indécente. En désespoir de cause, je regagne le parking.
Et c’est là que je la vois.
À moitié cachée par un banc.
Ma valise.
Toute seule.
Abandonnée.
3.
Daphné
En un éclair, mon cerveau se transforme en scène de panique. Mes neurones affolés courent dans tous les sens en hurlant, trébuchent, se percutent et finissent K.-O. Et moi, foudroyée par le choc, je suis près de m’effondrer.
Il s’agit sûrement d’une erreur. Il est peut-être allé chercher de l’essence dans la ville d’à côté. Sur l’autoroute, elle coûte une fortune. Ou bien il a voulu se dégourdir les jambes au bord de la rivière, qui sait ? Je vais l’appeler. Il décrochera et me répondra : « J’arrive, Daphné, ne t’inquiète pas ! ».
Je me rends compte alors que mon sac à main est resté sur mon siège et que, sauf preuve du contraire, celui-ci est toujours accroché à la voiture.
Je fouille mes poches à la hâte : un mouchoir, un billet froissé d’un dollar, ma carte d’identité et mon permis de conduire, que j’avais failli oublier en partant. Rien d’autre.
Cette fois, mes jambes lâchent. Je me laisse tomber sur la valise. Elle s’affaisse sous mon poids avec un soupir outré et un craquement sourd. Autour de moi, les véhicules vont et viennent, sans que je les voie vraiment. J’ignore combien de temps je reste ainsi, immobile, accablée.
Puis un bruit de moteur me tire de ma torpeur.
Ce n’est pas la Ford Escape de Michael.
La Porsche Panamera s’arrête à ma hauteur. La vitre arrière s’abaisse, dévoilant le visage soucieux de Mister Big Boss.
— Vous avez besoin qu’on vous dépose quelque part ?
— Non, je vous remercie, dis-je par réflexe.
Demander de l’aide n’a jamais été ma tasse de thé.
Il me lance un regard dubitatif, mais sa politesse l’empêche d’insister. Il hoche la tête, puis sa vitre remonte lentement. Parfait, en cas de désespoir ultime, la solitude est tout indiquée.
J’aimerais me cacher dans un trou de souris. Ou, mieux, à l’intérieur de ma valise. Encore faudrait-il l’ouvrir. Pour l’instant, je suis incapable du moindre mouvement.
Pourquoi la Porsche ne redémarre-t-elle pas ? Oh non, la portière s’entrebâille, il descend !
Finalement, il n’est peut-être pas aussi poli que je le pensais.
— Excusez-moi d’insister, mais…
Je le coupe net :
— Tout va bien, je vous assure.
Il me fixe en silence. Et sous ce regard empreint d’une douceur inattendue, ma carapace commence à se fissurer. Ma gorge se serre. Je lutte contre les larmes.
— Je comprends que vous ne vouliez pas faire confiance à un inconnu, murmure-t-il. Cependant… ma mère m’a inculqué quelques principes et j’aimerais vous aider.
— Et vous lui obéissez toujours au doigt et à l’œil ?
Le sarcasme est la seule arme dont je dispose, et pour l’instant, la meilleure façon d’éviter la liquéfaction.
— Pas toujours, répond-il avec douceur. Mais il me semble que vous êtes dans une situation délicate.
— Et qu’est-ce qui vous fait dire ça ?
— Vous allez avoir du mal à tirer votre valise.
— Pourquoi ?
— Il lui manque une roulette.
Je me penche. Effectivement, celle de gauche s’est désolidarisée de la structure. Décidément, le sort s’acharne contre moi.
Je frôle la rupture. Au prix d’un effort surhumain, je réussis à reprendre le contrôle. Mais il faut qu’il parte. Vite.
Il me tend soudain deux billets de cent dollars.
— Pour le taxi.
Je pousse un long soupir. Pourquoi joue-t-il les bons samaritains ? Ne peut-il pas rester indifférent à autrui, comme tout le monde ? Je n’ai pas envie qu’on m’aide, qu’on s’apitoie sur mon sort, qu’on sache même que j’existe.
— Je ne peux pas accepter.
— Croyez-moi, je n’en ai pas besoin.
Un ricanement m’échappe, sec et nerveux.
— Je m’en doute, vu la Porsche que vous possédez.
— Vous vous y connaissez en voitures ?
— Plus qu’en relations amoureuses, manifestement.
Il esquisse un sourire compatissant. Je parie que, dans ce domaine-là, il n’a aucun problème. Il doit savoir choisir ses copines aussi bien que ses bolides.
— Ma mère me tuerait si je vous laissais seule ici, sans aide.
Combien de temps va-t-il encore me saouler ? D’un ton glacial, je rétorque :
— Parler de sa mère à tout bout de champ, ça sent l’œdipe refoulé à plein nez.
Après une seconde de surprise, il éclate de rire. Pour autant, il ne bouge pas d’un pouce. Je retiens un juron. Apparemment, le seul moyen de me débarrasser de lui, c’est d’accepter ces satanés billets.
— D’accord, dis-je en me levant de mon siège bancal et en les saisissant. Mais c’est un prêt. Je vous rembourserai.
Il m’observe un instant, puis me tend sa carte de visite. Papier épais, police élégante, encadré doré… Lennox Firecroft, PDG d’Inlab International.
— Enchanté, monsieur Firecroft, moi c’est Daphné. Merci.
Il hoche la tête et m’adresse un sourire qui creuse une fossette sur sa joue droite.
— Bon courage, conclut-il avant de remonter en voiture.
La Porsche repart enfin. Je la suis des yeux jusqu’à ce qu’elle disparaisse au loin. Puis je me retrouve seule sur le parking avec ma valise déglinguée.
Déglinguée, ma vie l’est aussi, et elle, on ne pourra pas la réparer en changeant une roulette.
Je dois me rendre à l’évidence : Michael est parti. Pour de bon. Il m’a abandonnée au bord de l’autoroute comme un chien dont on ne veut plus.
Maintenant qu’il n’y a plus personne pour assister à mon effondrement, je cesse de lutter et laisse le chagrin déferler.
4.
Lennox
En sortant du parking, mon chauffeur roule au pas, attentif aux bruits et aux mouvements du véhicule. Moi, je trépigne. Mon regard revient sans cesse à l’horloge du tableau de bord.
Au bout de quelques minutes, il conclut enfin :
— Le changement du liquide de frein et la vérification des disques ont été utiles : tous les voyants sont au vert.
— Parfait. Maintenant, mettez le turbo. La réunion commence dans une heure.
Il appuie sur l’accélérateur, la voiture bondit et s’engage sur l’autoroute en un éclair.
Pourvu qu’aucun autre imprévu ne me retarde. Même si nous avions pris de l’avance, le comportement anormal des freins n’était pas au programme. Et encore moins ma rencontre avec cette jeune femme désespérée.
J’ouvre mon dossier pour une dernière vérification. La société que je m’apprête à racheter est un joyau technologique. Son algorithme, capable d’anticiper les tendances du marché, a attiré les plus gros investisseurs. Aucune erreur n’est permise. Mes équipes ont tout passé au peigne fin, mais je tiens à relire les clauses sensibles du contrat : indemnités en cas de rupture, garanties sur les actifs immobiliers et la propriété intellectuelle.
Hélas, les mots et les chiffres dansent devant mes yeux. Mon esprit ne cesse de revenir à cette fille. Malgré son désespoir, elle avait de l’aplomb et de la répartie. Elle m’a surpris. Son mec, en revanche, m’a mis hors de moi. J’en bous encore de rage. J’ai failli interrompre son coup de fil pour lui dire ses quatre vérités.
Mon portable sonne. Isabella. Pas maintenant. Elle veut sûrement enterrer la hache de guerre après notre dispute d’hier soir. Pourquoi, aussi, s’obstine-t-elle à parler mariage ? Dès le début, pourtant, je lui ai bien précisé que j’étais contre tout engagement, mais ses allusions sont de moins en moins subtiles. Elle m’a même demandé de l’accompagner à la baby shower de son amie. Comme si ce genre de niaiserie allait m’inspirer !
Isabella est séduisante, cultivée et, surtout, très douée au lit, Jusque-là, c’était un arrangement parfait. Sauf qu’elle veut plus : des sorties au musée, au restaurant, des week-ends romantiques. Et comme je ne suis pas un goujat, j’accepte. Mais tout ça commence à ressembler à une vraie relation.
Elle essaie même de me changer. Elle me reproche d’être trop sérieux, de ne penser qu’au travail. L’autre jour, elle m’a lancé : « Te souviens-tu de la dernière fois où tu as éclaté de rire ? ». Je n’ai pas su répondre et ça m’a énervé. La dispute est partie de là. Et je n’ai jamais signé pour ça. Il va falloir que je clarifie la situation. Et vite.
Nouvelle sonnerie. Cette fois, je n’hésite pas. Mon meilleur ami et directeur de la sécurité est un vrai pro. Mais son instinct pour repérer les menaces frôle souvent l’état d’alerte continue.
— Pas de panique, Vince. Je suis là dans une demi-heure.
— Tu me rassures. J’ai cru qu’il t’était arrivé quelque chose.
Inutile de lui préciser que j’ai failli casser la gueule à un type sur un parking d’autoroute.
— Juste un petit problème mécanique. Rien de grave.
— Tant mieux. L’équipe est au complet. Nous sommes impatients de conclure.
— Et moi, donc. À tout à l’heure !
Depuis six mois, nous avons abattu un travail colossal pour finaliser ce rachat. Les journées à rallonge et les nuits blanches ont laissé des traces ; mais nous touchons enfin au but. Et, dès demain, je lèverai le pied.
Je m’apprête à relire le compte rendu du conseil d’administration quand mon portable sonne à nouveau. Encore un appel prioritaire.
— Tu vas bien, Maman ?
— Oui. Je voulais simplement te souhaiter bonne chance.
— C’est gentil, merci.
— Je te sens un peu tendu. C’est la réunion qui te stresse ?
— Non, tout est prêt. Je viens juste d’assister à une scène… déconcertante.
Je lui résume le départ précipité de la jeune femme et la conversation téléphonique que j’ai ensuite surprise entre son mec et sa maîtresse.
Ma mère pousse une exclamation scandalisée.
— Et ce n’est pas le pire. Il est parti sans elle.
— Comment ça ?
— Il l’a abandonnée sur le parking. Elle a refusé mon aide. J’ai seulement pu lui glisser un peu d’argent pour le taxi.
— Tu n’as jamais su résister à une femme en détresse. Et je sais de quoi je parle.
Je m’esclaffe. Surtout pour cacher ma gêne.
— Je te laisse, ajoute-t-elle. À plus tard ! Tu me raconteras ?
— Promis.
Le silence retombe, à peine troublé par le ronronnement du moteur. Je referme mon dossier. Inutile d’essayer de me plonger dedans, je n’y arriverai pas. Ce n’est pas grave, je connais tout par cœur.
J’espère seulement que la vision de cette jeune femme en larmes ne viendra pas me hanter pendant la réunion. Et surtout qu’elle réussira à surmonter son chagrin.
La commande inclut :
- 1 exemplaire dédicacé du tome 1,
- 1 exemplaire dédicacé du tome 2,
- 1 exemplaire dédicacé du tome 3,
- 3 marque-pages,
- 3 cartes postales illustrées,
- Des petites surprises.
Après une trahison, Daphné n’a plus de toit, plus de ressources, plus d’espoir. Juste assez d’audace — et de répartie — pour impressionner l’inconnu qui lui tend la main.
Lennox Firecroft règne sur un empire. Contrôle, rigueur, efficacité : c’est ainsi qu’il mène sa vie et tient son passé à distance. Mais quand il croise le regard de cette jeune femme en détresse, ses certitudes se fissurent. Cédant à une impulsion, il l’engage à son service.
Peu à peu, Daphné et son franc-parler désarmant bousculent son quotidien millimétré. Entre échanges piquants et rapprochements troublants, leur arrangement professionnel se mue en une attraction impossible à ignorer.
Mais à mesure qu’ils baissent la garde, l’étau se resserre autour d’eux. Car dans l’ombre, un ennemi rôde et menace de tout détruire. Y compris ce lien brûlant qui les rend plus vulnérables que jamais. Jusqu’où devront-ils aller pour ne pas perdre ce qui compte le plus?
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- Autrice : Adriana Kritter
- Edition : Livre broché
- Format : 148,5 x 210 mm
- Langue : Français
- Nombre de pages : 444, 312 et 456
- Nombre de tomes : 3
- Expédition et livraison : 4 à 5 jours ouvrés
Elles l'ont lu. Elles en parlent !
“Une vraie claque émotionnelle ! J’ai dévoré ce roman. Daphné est incroyable de courage et Lennox est à la fois fascinant et bouleversant 💔. Leur relation est électrique, pleine de tension, de tendresse et de non-dits. J’ai eu le cœur serré du début à la fin. ”
“Wouah ! 🔥 Une romance comme je les aime : intense, pleine de rebondissements, avec juste ce qu’il faut de danger. Et cette alchimie entre Daphné et Lennox… 😍.”
“J’ai ri, j’ai tremblé, j’ai adoré ! ❤️ Dès les premières pages, j'ai été happée par l'histoire de Daphné. Son humour, sa force, sa fragilité… tout sonne vrai. Et Lennox, ce boss froid qui cache tant de choses… Impossible de reposer le livre ! ”
FAQ
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Peu à peu, Daphné et son franc-parler désarmant bousculent son quotidien millimétré. Entre échanges piquants et rapprochements troublants, leur arrangement professionnel se mue en une attraction impossible à ignorer.
Mais à mesure qu’ils baissent la garde, l’étau se resserre autour d’eux. Car dans l’ombre, un ennemi rôde et menace de tout détruire. Y compris ce lien brûlant qui les rend plus vulnérables que jamais.
Jusqu’où devront-ils aller pour ne pas perdre ce qui compte le plus?
